le theatre numerique remplace le theatre municipal

un vieux couple devant leur gîte rural du théâtre à la campagne





un vieux couple devant leur gîte rural du théâtre à la campagne

et une ligne Tres Haute Tension prévue



Tableau 1

Le vieux, la vieille, devant leur gîte rural.

Le vieux : - Bah ! Le temps qu’elle se fasse, cette ligne, le prêt sera remboursé.
La vieille : - Je te trouve bien optimiste aujourd’hui. Quand les gens vont savoir, je te parie ce que tu veux, plus personne ne viendra.
Le vieux : - Le notaire dit que ça ne changera rien.
La vieille : - Tu crois le notaire maintenant !
Le vieux : - D’après lui, les gens vont crier et quand elle sera faîte ils n’y feront plus attention. Il y en a partout, des lignes à haute tension et les gens vivent quand même.
La vieille : - Ils meurent surtout de cancers. Tu ne vas pas me dire que tu les crois, quand ils nous disent que ça n’a aucun effet sur la santé.
Le vieux : - Si ça ne tenait qu’à moi ! Mais qu’est-ce qu’on peut y faire ? Ils nous tueront tous.
La vieille : - En tout cas, même le notaire, il n’était pas rassuré, au Conseil Municipal, hier soir. Avec ses huit maisons qui lui restent sur les bras.
Le vieux : - Ce serait quand même bien qu’à force d’arnaquer les gens il boive le bouillon.
La vieille : - Penses-tu ! Il a les reins solides. C’est des millions qu’il a, à la banque, depuis le temps qu’il achète des maison à la moitié de leur valeur et les revend au double.
Le vieux : - On aurait peut-être quand même mieux fait de tout vendre, plutôt que de faire ce gîte. T’imagines, toi, si personne ne vient !
La vieille : - Avec toutes les charges ! J’y survivrai pas !
Le vieux : - Ne t’inquiète pas pour des choses qu’on ne verra peut-être jamais.
La vieille : - Je m’inquiète, et toi tu me dis de ne pas m’inquiéter car on sera peut-être mort avant ! Qu’est-ce qu’on va laisser aux filles ? Des dettes !

Bruit d’une voiture.

La vieille : - V’la les bordelais. Ils l’ont eue pour rien, leur maison. Et en plus le toit est tout neuf.
Le vieux : - Le vieux s’est battu toute sa vie pour avoir une belle maison et ses enfants la vendent pour trois fois rien à des étrangers. Ah ! S’il avait imaginé ça !
La vieille : - C’est c’qui va nous arriver. Y’aura plus que des résidences secondaires et des chômeurs, ici.
Le vieux : - Et même pas cinquante personnes pour l’accompagner au cimetière. Un homme qui a toujours marché droit ! Ah !


tableau 2 : Où monsieur et sa madame Dufric ont acquis leur nouvelle maison à la campagne